L'hypnose et la subjectivité
L’hypnose Ericksonienne, a permis de mettre en valeur une voie d'investigation tombée en désuétude depuis quelques siècles maintenant : celle de la subjectivité.
La science a placé l’objectivité comme étant une donnée essentielle ce qui est tout à fait compréhensible, et on ne peut plus logique, étant donné ses attentes et ses buts.
Mais ne devons-nous pas déplorer que ce type de recherche ait trop souvent écarté les autres voies de connaissance ? Et pire encore, que pour le grand public, tout ce qui ne suit pas ce schéma soit désormais taxé de « naïf » ou de « superstitieux » ?
On laisse bien volontiers quelques artistes produire une vision plus poétique de la réalité, tant que celle-ci ne se réclame aucun droit
Pourtant, il existe des domaines où il est aisé de comprendre à quel point les prétentions objectives sont veines, et parmi ces domaines figure la thérapie.
Un thérapeute qui se retrouve devant un client peut-il se fier uniquement à ce qu’il a appris dans des livres ou dans une quelconque université ? Aucun praticien n’hésiterais devant une telle question : la réponse est non. Cela ne suffit pas, et ne suffira jamais.
L’être humain est imprévisible. Notre société actuelle a beau vouloir tout rendre systématique, les publicitaires continuer leurs nombreuses études de marché et les sociologues prévoir nos tendances et expliquer tous nos comportements : un individu, pris isolément, est capable d’imprévisibilité.
En thérapie, il ne peut y avoir 2 séances identiques. Un thérapeute doit faire preuve d’intuition… si il désire être plus efficace qu’un simple placebo. Prenons les grands thérapeutes, ceux qui ont pu attester de résultats hors du commun : ce qui les distingue peut se résumer en deux mots : intuition et adaptation. Ces deux concepts sont toujours au cœur de leur démarche.
Un thérapeute doit savoir écouter, il doit savoir ressentir ce qui fait que chaque mot prononcé, chaque intonation de voix, chaque changement d’expression contient des informations importantes, qui reflètent l’unicité d’une personne.
Il doit savoir repérer les idées, les certitudes erronées, ou encore ce que l’on nomme des trous de communication, afin d’amener avec tact et élégance une personne à évoluer.
Il agit par petites touches, par des mots choisis soigneusement, et en total respect avec la personne. Sans complaisance, sans laisser aller, il se doit d’être parfaitement impeccable vis-à-vis de la personne qui fait appel à lui.
Cela n’est possible que si il voit chaque intervention comme étant unique. Sa théorie se réinvente à chaque personne avec qui il travail, et cela parce qu’il doit saisir la vision de cette personne, sa vision subjective de la réalité. Et c’est à partir de cette vision qu’il doit agir.
Un tel art ne peut s’apprendre qu’au prix d’un intense travail de connaissance de soi.
Les techniques ne sont que des supports, mais en elles-mêmes elles ne servent à rien. Tout comme un tube de peinture ne contient pas l’œuvre du peintre.
Le praticien devient capable de produire le changement dès lors qu’il existe en étant son propre outil : quand sa conscience est présente dans chaque acte, que conscient et inconscient ne forment plus qu’un.
C’est ce modèle qui sert de base à l’hypnose. Un client qui vient voir un thérapeute ne peut changer que si la personne qui est en face de lui incarne déjà le changement.
C’est cela que nous apprenons aux personnes qui se forment à l’hypnose : se connaître et communiquer, sortir de leur propre subjectivité pour pouvoir percevoir celle des autres, et agir en conséquence.